L'Arbre Vengeur, ou comment j'ai eu le coup de foudre littéraire !

L'Arbre Vengeur. A lui seul, le titre donne envie d'en savoir plus sur le contenu. Tandis que les éditeurs eux-mêmes ont du mal à expliquer leur choix d'appellation, il suffit en fait de lire deux ou trois ouvrages pour comprendre la cohérence éditoriale. Tout comme son nom, le catalogue de la maison d'édition s'avère à la fois absurde et sensé, drôle et terrifiant, atypique et tout à fait harmonieux. Voilà comment j'ai été charmée par la vengeance de l'arbre.

"Nous sommes condamnés à rester dans les marges"

 

C'est en tout cas ce qu'affirment les gérants de la maison d'édition. Créée en 2003, celle-ci n'a que trois fils conducteurs : des textes de grande qualité, l'humour et l'insolence. L'Arbre Vengeur publie principalement des rééditions et des inédits d'auteurs disparus, mais pas seulement. Elle nous surprend également avec des contemporains au style décontenançant. Nicolas Etienne et David Vincent, les deux associés, disposent d'une activité salariée en plus de la société d'édition. Cela leur offre une chance inouïe : ils se permettent de sélectionner uniquement des ouvrages qui leur plaisent. Heureusement pour nous, ils ont bon goût. Leur catalogue, c'est un peu leur bibliothèque personnelle qu'ils mettraient à disposition des curieux. Et les curieux sont bien heureux, du moins pour ma part. Après plusieurs lectures insoupçonnées, toutes plus satisfaisantes les unes que les autres, me voilà conquise. Je sais désormais que je pourrai acheter leurs futures parutions simplement sur leur logo, gage de qualité sans faille. Un peu comme quand on achète un livre les yeux fermés, juste sur la garantie du nom de l'auteur.

 

"La Chute dans le Néant"

 

Première lecture, immense coup de coeur. Avec "La Chute dans le Néant", on tape fort. Le texte date de 1947 mais n'a pas pris une ride. Le sujet non plus. Celui d'un ingénieur qui tente de mettre une explication sur ses dons paranormaux. Le gars a le pouvoir de se téléporter, d'abord, puis d'allonger son corps. Mais à trop tester les limites et à jouer avec la nature, celle-ci se retourne contre le malheureux personnage. Ce dernier va, contre son gré et malgré ses appels à l'aide désespérés, rapetisser encore et toujours. Une histoire à la fois cauchemardesque et burlesque, qui tient en haleine. L'introspection m'a tellement plu que j'ai classé ce roman parmi mes favoris. Naturellement, je me suis renseignée sur l'auteur. Là encore, je n'ai pas pu m'empêcher de sourire : on ne sait rien de Marc Wersinger, pas même s'il s'agissait de son véritable nom.

 

D'autres trouvailles, toujours autant d'exaltation

 

Suite à ce coup de foudre littéraire, j'ai profité de mon poste de libraire pour commander toutes les nouveautés de L'Arbre Vengeur, et ce, dans toutes ses collections. "L'Alambic", "Selva Selvaggia", "Forêt Invisible", "L'Arbre à clônes", "Inconnues", "L'Exhumérante" et "L'Arbuste Véhément" regorgent toutes de pépites malconnues. Beaucoup d'ouvrages m'ont donné l'eau à la bouche, du fait de leur titre, de leur couverture, de leur résumé ou bien des quelques pages que j'ai survolées. "Séquestrés", "M. Tristecon chef d'entreprise", "Mes amis", "Madame 60 bis", "Anatomie de l'amant de ma femme", "Jeu de massacre" et "Aux limites de l'infini" finiront certainement sur ma table de chevet un jour ou l'autre. Mais je manque de temps. Alors j'ai lu "Le livre des monstres", un recueil d'histoires très courtes et très drôles mettant en scène des personnages monstrueux et fantastiques d'une façon finement banale. Un ouvrage fou qui sort des sentiers battus et qui se lit rapidement. J'ai ensuite succombé à un titre, qui de premier abord, ressemble plus à un essai agricole ou à un manuel de jardinage. Et pourtant ! J'ai bien fait d'avoir désobéi aux dogmes des aprioris. Il s'agissait en fait de deux histoires fictives du même auteur, ayant pour points communs la folie et le perfectionnisme à outrance. On suit deux hommes, qui, chacun sur un plan totalement opposé, vont tout faire pour réaliser un objectif complètement absurde.

 

"Faites comme si vous étiez morts"

 

Je suis désolée de vous décevoir, messieurs les éditeurs, mais ce titre est terriblement vendeur. La preuve : j'ai ouvert ce livre à l'instant même où je l'ai vu. Dès les premières pages je me suis surprise à rire aux éclats. C'est rare, et bon signe. D'autant que j'ai continué de rire, encore, et encore. Les histoires de ce recueil de nouvelles s'enchaînent et m'emportent. On ne comprend jamais tout, mais on ne cherche pas à savoir. L'auteur nous embarque en quelques pages seulement au coeur de scénettes plus absurdes les unes que les autres, avec une facilité déconcertante. Certaines se joueraient parfaitement au théâtre. Voilà l'humour comme je l'aime. J'ai d'ailleurs cette curieuse impression de lire les mots de quelqu'un qui occuperait mon propre univers, et ça fait du bien, de se sentir chez soi. Certise sur le gâteau : l'auteur, Sammy Sapin, est non seulement contemporain, mais il est jeune et habite à Lyon. Je croyais pourtant lire du Raymond Queneau ou du Marcel Aymé. Fichtre ! Me voilà encore ravie de ma dernière découverte. Vivement la prochaine !

 

Attention !

 

Si cet article vous a donné envie de découvrir L'Arbre Vengeur, et avant que vous ne vouliez m'étriper pour avoir dépensé vos sous dans des lectures qui vous auraient éventuellement déçu, je tiens à vous mettre en garde : ce qui me plaît ne plaît pas à tout le monde. J'adore les épinards, par exemple. J'ai des goûts étranges, alors c'est à vos risques et périls !

 

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